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Dernière mise à jour du 17 novembre 2008 à 20 h 05
Proue du Saint-Georges Perdu dans un lodge au fin fond de la Papouasie sur l'île de New Britain, j'étais à quelques kms de Rabaul, la «capitale» de cette île. Longtemps considéré comme étant un lieu naturel protégé quasiment de toutes part pour les vents, un port des plus important du Pacifique Sud y fût construit au début du 19ème siècle, jusqu'au jour où, les petites collines avoisinantes se réveillèrent et firent de Rabaul un enfer. C'était en 1937, l'éruption du Tavurvur, un des 5 volcans entourant la baie de Rabaul, se réveillait anéantissant la ville et les alentours sous des tonnes de cendres. Mais il en faut plus pour arrêter l'être humain, et les habitants de cette région remirent à flots leur ville au moment où éclatait la deuxième guerre mondiale. Les Japonais s'empressaient de s'emparer de ce port naturel si bien protégé, mais c'était sans compter sur les volcans et surtout sans compter sur l'ennemi qui n'avait pas l'intention de laisser aux "Japs" ce coin du Pacifique. Arrivés en janvier 1942,
les japonais ne savaient pas ce qui les attendaient. Sous l'emprise des
bombardements américains, Rabaul prise en otage se voyait
détruite de plus en plus chaque jour. Et les navires japonais qui
venaient s'y abriter ne restaient pas longtemps à flot car l'aviation
ennemie présente dans tous les archipels avoisinants (clef Papy
Boington et son escadrille, histoires réelles) la baie de Rabaul
voyait ses fonds se remplir de tonnes d'acier, le tout recouvert par une
couche de cendres que le Tavurvur ne cessait de cracher depuis 1937
et ce jusqu'en 1943. Plus de 100 navires étaient rescencés
comme perdu dans la baie de Rabaul.
Mais toutes ces épaves n'allaient pas rester au fond de cette baie, car le port de Rabaul comptait bien reprendre de son activité après guerre. Alors une grande entreprise de nettoyage de la baie fût mise en place pour renflouer les épaves les plus gênantes et ferailler les autres. La vie à Rabaul reprenait son activité dans les années 50/51 et les campagnes avoisinantes se voyaient elles aussi débarrassées de ces carcasses d'avions et autres matériels qui jonchaient la forêt tropicale. Mais toutes ne furent pas enlevées, comme les épaves au fond du port et une nouvelle activité touristique voyait le jour dans les années 80, la plongée sous marine avec pour but les épaves de Rabaul. Un couple célèbre, Syd et Monica Foster remontèrent pas mal d'objets de ces épaves, objets que l'on peut voir aujourd'hui dans différents musées du pacifique dont celui de Kokopo au sud de Rabaul.
Mais qu'en est-il aujourd'hui
en 2008 de cette activité plongée ?
En 1994 pour rappeler à son bon souvenir tous les habitants du coin, le Tavurvur se remettait en activité, aidé en cela par le volcan lui faisant face de l'autre côté de la baie, et à eux deux Rabaul se voyait a nouveau sous les cendres, les quartiers résidentiels construits dans son axe tout comme l'aéroport détruits, et ce encore aujourd'hui car rien ne fût reconstruit dans ce secteur.
Rabaul reste une ville
habitée mais ou il ne fait pas bon vivre. Le Tavurvur n'a
cessé en 14 ans son activité qu'une petite année en
2002, mais est repartit de plus belle dans son activité quotidienne
qui le fait cracher des tonnes de cendres qui recouvrent le nord de la
presqu'île de la Gazelle, pointe NE de l'île de New
Britain, et ce jusqu'à plus de 15 kms de son épicentre.
Et la plongée dans tout cela me direz vous ! Qu'est ce que je suis venu faire ici ?
Et bien ayant lu quelques bons ouvrages sur le sujet dont Hostage to freedom de Peter Stones, je me disais que Rabaul n'avait sûrement pas tout perdu de cette période 42/45 au niveau épaves, vu que toutes n'avaient pas été ferraillées, alors pourquoi pas !
Et bien maintenant j'ai la réponse. Tout d'abord Rabaul en elle même, la ville: à éviter. Ici le moral est au plus bas, on comprend pourquoi ! Vivre en permanence sous les
cendres qui ne cessent de tomber sur la ville et qui pénètrent
partout, faut aimer. Personnellement j'ai vu ce que cela donnait au sortir
d'une plongée dans la baie, on se demande si c'est possible ! Un
bon millimètre en à peine une heure sur le bateau (couleur
blanc, je vous dit pas !) et au fond par – 30 m une pluie incessante, pire
que le plancton dans nos eaux froides.
Mais on peut plonger, eh oui, il y en a qui y croient, entre autre ce petit centre de plongée de Kabaira ou je me suis retrouvé à l'initiative d'un TO français, H2O Voyages. Un autre centre de plongée est installé à Kokopo, la baie face à Rabaul dans le sud. Heureusement donc que Kabaira se situe à 20 kms de Rabaul, car même ici, les cendres du «Volcano» on sait ce que c'est. Il suffit de regarder de près les feuilles des arbres par exemple, lorsqu'il n'y a pas plu de quelques jours et que le vent souffle en nord est. Mais on est quand même loin de l'enfer de Rabaul.
Alors pour plonger les épaves, deux solutions : - le bateau et l'on contourne
les deux pointes qui nous séparent de Rabaul, environ 1 h
30 de navigation pour être dans le port
Alors je ferai les deux, un
jour bateau, un jour voiture et comme cela en trois jours je découvrirai
pas moins de 8 épaves, dont 6 japonaises, des Marus, 1 chasseur
Zéro, une barge citerne et un navire de pêche des années
70.
Ce que j'en retiendrai, en
dehors des 4 faites dans le port et les alentours, c'est que sous l'eau,
si les cendres n'ont pas tout envahie, on est sur des épaves tout
ce qu'il y a de plus plongeables, habitées, intactes ou presque
puisqu'elles sont épaves, tout pour faire plaisir à un plongeur
qui est venu découvrir ce que la guerre (et plus) avait fait ici
comme partout où il y a des épaves.
Celles du port me direz vous,
et bien puisque l'on est venu avec l'espoir de «Toutes les voir»,
en faire 4 comme je l'ai fais m'a suffit, et ce entre 30 et 50 m. D'autres
plus profondes existent, mais à en juger par les tonnes de cendres
qui recouvrent celles que j'ai vu, je n'ose imaginer plus profond ce que
cela doit être. Pour moi, cela aura été une expérience
et une aventure de plus dans ce voyage a travers le temps qui s'est arrêté
pour la majeure partie de ce que j'ai vu entre 1942 et 1945.
Et puis il n'y pas que les
épaves dans ces lieux qui demeurent quand même paradisiaques
si l'on s'éloigne quelque peu de ces volcans, et là on découvre
des récifs et des tombants qui bordent cette péninsule et
qui ne demandent qu'a être vus. Ici la vie prolifère et certains
l'ont bien compris, les dauphins qui tous les jours nous auront accompagnés,
jouant avec la proue de notre embarcation et faisant des bons que l'appareil
photo capturera pour notre plus grand plaisir.
Alors si comme moi l'aventure vous intéresse, n'hésitez pas et venez voir ces merveilles de la nature et aussi celle que l'homme a engendré de part ces guerres. Et puis la Papouasie ce n'est pas que la Nouvelle-Angleterre, ce sont d'autres îles qui méritent que l'on s'y attarde. Pour ma part, j' y ai consacré 7 jours sur ces 3 mois, il en faut davantage pour comprendre et voir ce que ce coin du Pacifique renferme comme trésors sous marins, mais aussi terrestres. ![]() |
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